Un verger vivrier, 2 choisir ses arbres

Bien souvent, quand on souhaite planter un arbre fruitier, on va chez le pépiniériste le plus proche (ou pire en jardinerie) et on regarde de jeunes arbres en pot avec une belle étiquette et généralement une photo d’un fruit magnifique. C’est tentant ! ces arbres sont faits par des entreprises spécialisées qui produisent des arbres en grande quantité pour une clientèle quelconque. Si vous demandez l’avis du vendeur, il n’en sait généralement pas plus que l’étiquette. L’arbre est-il adapté au sol de votre jardin ? au climat de votre région ? Quel est le porte-greffe ? Quelles sont ses caractéristiques ? Quelle est sa sensibilité aux maladies ?… Généralement vous l’apprenez à vos dépens : pommiers nains à cause d’un porte-greffe nanifiant, variété erronée, arbres sensibles à toutes les maladies, arbre ne supportant pas le calcaire ou un PH élevé, arbres dioïques ne fleurissant pas au même moment… Les jardineries et pépiniéristes ne sont souvent que des revendeurs, pas des spécialistes. Il y a cependant d’excellents pépiniéristes qui font eux-mêmes les arbres qu’ils vendent et qui maîtrisent le sujet. Suite à de nombreuses déceptions, la solution envisagée c’est de faire soi-même ses arbres soit à partir du matériel dont on dispose, soit à partir d’échanges avec des jardiniers qui connaissent bien leurs arbres.

On peut envisager de créer une petite pépinière. Elle regroupera des arbres obtenus par bouturage : figuiers, oliviers, néfliers… par prélèvement de sujets spontanés : pommiers pêchers, pruniers… par marcottage : figuiers, par prélèvement au pied : suquet d’olivier, tilleuls et bien sûr par échange. Dans la pépinière les arbres sont regroupés et proches les uns des autres pour faciliter l’observation, l’irrigation et les éventuelles interventions. La pépinière permet de faire grandir des arbres jusqu’au moment de leur plantation dans le verger quand leur système racinaire sera suffisant. C’est le cas des figuiers « Noire de Caromb » pour lesquels il n’y a pas de doute sur la qualité de la variété, l’adaptation au sol et au climat. Pour des arbres spontanés, la pépinière permet d’abord une observation sur plusieurs années pour savoir si l’arbre fera un bon porte-greffe. Si c’est le cas, une greffe sera tentée avec une variété confirmée déjà présente dans le verger.

Greffage de Pommier, pose de mastic sur la greffe

Parfois, un sujet spontané est laissé en place dans le verger parce qu’il est bien placé et et que le parent est connu pour ses qualités. C’est le cas d’un pommier qui va rester en place jusqu’à sa première fructification qui n’interviendra pas avant 5 ans, la mise à fruit étant plus lente sur un « franc » (issu d’un semis) que sur un arbre greffé. On n’est donc pas dans une démarche productiviste. Le but recherché n’est pas un fruit sans défaut commercialisable avec un profit certain. Le but c’est d’avoir un arbre rustique dont la production soit utilisable et qui demande un minimum d’entretien. Il faut avouer qu’il y a un plaisir certain à attendre pendant des années un fruit qui sera une surprise qu’on espère bonne.

Frédéric DENIZET

A propos Frédéric DENIZET

Président fondateur de l'association et propriétaire de la Campagne Sigalloux.

2 Commentaires

  1. Où trouver des greffons et quelqu’un qui sait greffer?

    • Bonjour,

      Pour trouver des greffons, il faut essayer de se rapprocher d’associations de jardinier qui soient vraiment des connaisseurs. L’association des Croqueurs de pommes (https://croqueurs-national.fr/) peut certainement proposer des greffons et des formations pour apprendre à greffer. Greffer n’est pas très compliqué, mais réussir les greffes demande quand même pas mal de pratique.
      Bonne chance.

      Pour l’association, son président : Frédéric Denizet

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